Richie Havens - Source CNN
Le Titre De La Semaine

LTDLS #2 : Ritchie Havens – Going Back To My Roots

En plein cœur des années disco, alors que la majorité des groupes chantent à propos de l’amour, de la danse, et de la fête, un morceau plutôt identitaire s’empare des charts. Destiné directement au marché noir américain, le morceau Going Back To My Roots aura été repris par trois artistes majeurs différents en quatre ans ! Petit tour de piste de ces trois formidables versions.

Lamont Dozier enfile ses bottes à paillettes

D’entrée de jeu, le message est clair. Lamont Dozier part en voyage, un voyage en quête de son identité. Clairement engagé pour la cause noire, le morceau est cependant avant tout une ode à la terre qui nous donne naissance et à nos racines : « it’s not black, it’s not white, it’s not red, it’s not yellow ». Sous-entendu, finalement, il n’est pas tant question de faire référence à l’Afrique que de renouer avec son vrai moi, un moi enfoui.

Mais Lamont Dozier donne clairement au morceau une consonance africaine : à partir de 6’25”, les percus se font plus présentes, et on part sur un rythme et des vocalises qui semblent clairement faire référence au continent noir.

Richie Havens : le padre de la folk fait groover ses racines

Reprise extrêmement inattendue de la part de la grande star folk de Woodstock : en 1980, Richie Havens s’essaye au disco, et avec quel succès !

Personnellement, il s’agit de ma version préférée, et probablement de mon morceau disco ultime. Véritable évolution de la version de Lamont Dozier, ici le piano se fait percussif dès le début, et la guitare vient le soutenir avec des cocottes divines (à 17 sec). Sans oublier la voix de Havens, une voix basse, profonde, caverneuse, une voix qui clame un voyage vers les racines, un retour à son identité, à la terre et à l’accomplissement de soi. Une voix qui donne envie de zipper ses bottes et de se mettre en marche.

Il en résulte que le morceau est extraordinairement groovy. Le beat est affirmé, l’ambiance monte au fur et à mesure, et les cuivres viennent donner du répondant à la voix. En revanche, les chœurs sont nettement moins afro que la version de Lamont Hozier, et les percus moins présentes.

Jugez par vous-même :

Odyssey : un périple identitaire au cœur des années disco

Si la version de Richie Havens, quoiqu’extraordinaire à mes yeux, n’a pas percé dans les charts, la cover d’Odyssey, à peine un an plus tard, a un succès phénoménal.

Ultime évolution disco du morceau, la version d’Odyssey commence avec des chœurs qui font à nouveau penser à des chants traditionnels africains, tant sur les paroles que sur les harmonies. Immédiatement, on est transporté en Afrique. Le chant à l’unisson donne au morceau une vraie impression de revendication et d’affirmation de l’identité.

Musicalement, l’instru est nettement plus chaloupée et laisse plus de place à aux cuivres et à la guitare. Un solo de guitare saturée (peu commun en disco) agrémentée d’auto-wah vient donner un coup de boost avant que les chœurs africains clôturent le morceau. La version 12 pouces publiée ci-dessus contient une partie supplémentaire à la fin du morceau, assez différente du reste mais parfaitement transitionnée,

Avec le succès déjà affirmé d’Odyssey sur la scène disco, les fans ne s’y trompent pas, et font grimper le single en 4è position des UK single tracks, et en 68è position du Billboard R&B singles.

Trois versions, trois interprétations différentes de ce morceaux désormais classique des années disco.

Quand il n’y a rien à ajouter au disco…

De nombreuses reprises house (peu fructueuses) ont été samplées à partir de ces hits, notamment celle de Linda Clifford, qui selon moi n’apporte pas grand chose au morceau initial…

Enfin, une version sud-africaine par le groupe Teaspoon & The Waves sort en 1980 (remixée en 2010) :

Et vous, vous préférez quelle version ?

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